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Salaire d'un aide-soignant en EHPAD : grille du public, minima du privé, débutant, fin de carrière et « faisant fonction »

Aide-soignante accompagnant une personne âgée dans un couloir d’EHPAD, avec chariot de soins et lumière naturelle douce.

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Le métier central de l'EHPAD, et sa paie

L'aide-soignant est le professionnel le plus présent auprès des résidents : toilette, habillage, aide aux repas, mobilisation, surveillance, transmission à l'infirmière. C'est aussi le métier sur lequel les établissements ont le plus de mal à recruter, ce qui a conduit à plusieurs revalorisations depuis 2020. Cet article donne les montants 2026 par secteur, avec leur mode de calcul, pour répondre à une question que l'on nous pose sous toutes ses formes : débutant, expérimenté, public, privé, net, « sans diplôme ». Il complète le panorama des rémunérations en EHPAD.

Dans la fonction publique hospitalière : une grille de catégorie B

Depuis la réforme issue du Ségur de la santé, les aides-soignants de la fonction publique hospitalière relèvent de la catégorie B, dans un corps à deux grades : classe normale et classe supérieure. Le traitement se calcule en multipliant l'indice majoré de l'échelon par la valeur du point, 4,92278 € en 2026.

  • Au premier échelon de la classe normale, l'indice majoré est de 373, soit un traitement de 1 836,20 € brut par mois (source : grille indiciaire hospitalière, aide-soignant). Le SMIC 2026 étant fixé à 1 867,02 € brut (source : Service-public.fr, SMIC), une indemnité différentielle complète les tout premiers échelons.
  • Le complément de traitement indiciaire (Ségur) ajoute 49 points, soit environ 241 € brut et 183 € net.
  • En fin de carrière, au dernier échelon de la classe supérieure, le traitement atteint environ 2 750 € brut (même source), auquel s'ajoutent le CTI et les primes.

Concrètement, un aide-soignant titulaire débutant touche un net de base d'environ 1 640 € (1 457 € de traitement net plus le Ségur), et un net réel de 1 800 à 1 950 € une fois comptés deux dimanches et quelques nuits dans le mois. En fin de carrière, le net réel se situe entre 2 300 et 2 500 €.

Dans le privé commercial : la convention de 2002 et le Ségur à 206 €

Les groupes privés d'EHPAD appliquent la convention collective de l'hospitalisation privée du 18 avril 2002. Le minimum conventionnel du coefficient aide-soignant se situe un peu au-dessus du SMIC, et l'avenant du 6 décembre 2021 y ajoute la revalorisation Ségur de 206 € brut par mois à temps plein (source : Légifrance, avenant du 6 décembre 2021). S'y ajoutent la prime d'ancienneté conventionnelle, les majorations de dimanche et de nuit, et les primes propres à chaque groupe.

En pratique, un aide-soignant débutant dans un EHPAD commercial affiche un brut de 2 050 à 2 200 € avec le Ségur, soit un net de 1 600 à 1 750 €, avant sujétions. Certains groupes ont ajouté depuis 2022 des primes d'attractivité ou un treizième mois pour combler l'écart avec le public ; ces éléments varient d'un employeur à l'autre et ne sont pas garantis par la convention.

Dans l'associatif : la convention de 1951

Les établissements associatifs relevant de la convention collective nationale du 31 octobre 1951 rémunèrent l'aide-soignant sur un coefficient de référence, avec une prime d'ancienneté et une indemnité Ségur d'environ 238 € brut. Le niveau de départ est proche du public, avec une progression à l'ancienneté plus lente que la grille hospitalière mais des accords d'entreprise parfois plus favorables sur les congés ou la mutuelle.

Les sujétions : la part variable qui compte

Quel que soit le secteur, la rémunération réelle d'un aide-soignant en EHPAD dépend de son planning. Les postes de nuit fixe, en particulier, gagnent nettement plus que les postes de jour, au prix d'une pénibilité connue. Sur un mois type :

ÉlémentPublic (repère)Privé (repère)
Dimanche ou jour férié de 8 hindemnité forfaitaire d'environ 50 €majoration conventionnelle, souvent 25 à 50 % du taux horaire, plus selon accord
Nuit (21 h - 6 h)indemnité horaire, majorée en nuit fixemajoration ou prime de nuit selon accord
Prime annuelleprime de service (public)treizième mois ou prime selon l'employeur

Les lignes correspondantes sur la fiche de paie sont décryptées dans comprendre son bulletin de paie en EHPAD.

Le cas des « faisant fonction » et des aides-soignants « sans diplôme »

La question revient souvent et mérite une réponse nette : le titre d'aide-soignant est réservé aux titulaires du diplôme d'État. Un agent qui exerce des tâches de soin sans ce diplôme est un agent de service hospitalier « faisant fonction d'aide-soignant », ou, dans le privé, un agent de soins. Sa rémunération est celle de son grade ou de son coefficient d'origine, c'est-à-dire, en général, celle d'un ASH, et non celle d'un aide-soignant. Quelques établissements versent une prime de faisant fonction, mais rien ne l'impose.

Deux conséquences pratiques :

  1. un agent qui accepte de faire fonction sans contrepartie doit demander, par écrit, la formation qui lui permettra d'obtenir le diplôme, par la voie de la validation des acquis ou de la formation continue financée par l'employeur ;
  2. pour les familles, la proportion de personnels diplômés est une information que l'établissement doit pouvoir donner, et un indicateur de qualité aussi important que le ratio d'encadrement.

Le blog détaille le rôle de l'agent de soins dans agent de soins en EHPAD : rôle, différence avec l'ASH et l'aide-soignant, salaire, et les voies d'accès au diplôme dans devenir aide-soignant en gérontologie.

Nuit fixe, temps partiel, intérim : trois variantes qui changent le net

La nuit fixe est le poste le mieux rémunéré du métier à grille égale : les indemnités et majorations de nuit, cumulées sur quinze nuits par mois, ajoutent couramment 200 à 350 € net au salaire de jour, et le rythme, une nuit sur deux en moyenne, libère des journées. En contrepartie, la charge est lourde : deux personnes pour tout un établissement, des résidents désorientés, des décisions à prendre seul avec une infirmière d'astreinte au téléphone. Beaucoup d'aides-soignants y passent quelques années, rarement une carrière.

Le temps partiel proratise tout, y compris le Ségur : un poste à 80 % touche 80 % des 183 € net du public, et les indemnités de dimanche ne sont dues que pour les dimanches effectivement travaillés. Dans le privé, les contrats à temps partiel imposés, fréquents dans certains groupes, ont été encadrés par la convention collective, qui prévoit une durée minimale et des majorations pour les heures complémentaires.

L'intérim paie davantage à l'heure, de 10 à 20 % de plus avec l'indemnité de fin de mission et les congés payés inclus, et il permet de choisir ses jours. Il fait perdre en revanche l'ancienneté, la prime de service ou le treizième mois, et la protection sociale d'un salarié permanent. Les établissements y recourent pour boucher les absences, et la loi encadre depuis 2023 le recours à l'intérim des jeunes diplômés du soin, qui doivent justifier d'une expérience préalable avant d'y accéder.

Public ou privé : comment comparer deux offres

À poste égal, le public offre en 2026 le socle le plus élevé et la progression la plus prévisible, avec un Ségur intégré à la retraite. Le privé commercial part environ 80 € net plus bas sur le Ségur, mais peut compenser par des primes et une organisation du temps de travail différente. La comparaison honnête se fait sur le net annuel, en additionnant : salaire de base, Ségur, sujétions du planning type, prime annuelle, participation employeur à la mutuelle. À retenir : demander la simulation de paie sur un mois avec le planning réel, pas le salaire « à partir de » de l'annonce. Et pour ceux qui envisagent la suite, l'évolution de carrière après aide-soignant présente les passerelles vers infirmier, assistant de soins en gérontologie ou coordination.

Marc Delcourt