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Grilles de salaire en EHPAD : fonction publique hospitalière, convention de 1951, convention de 1966 et hospitalisation privée

Réunion dans un bureau d’EHPAD entre une responsable et deux soignants, avec ordinateur et documents posés sur une table, éclairage naturel.

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1. Trouver la bonne grille : la question du statut de l'employeur

Il n'existe pas une grille de salaire des EHPAD, mais quatre cadres de rémunération, et c'est le statut de l'établissement qui détermine lequel s'applique. Un EHPAD public rattaché à un hôpital ou géré par un CCAS relève des grilles indiciaires de la fonction publique. Un EHPAD associatif applique le plus souvent la convention collective nationale du 31 octobre 1951, parfois celle du 15 mars 1966. Un EHPAD commercial applique la convention collective de l'hospitalisation privée du 18 avril 2002. Chaque cadre a sa logique de calcul, ses primes et son mode de progression. Cette fiche les présente l'un après l'autre, puis met les métiers en regard. Elle prolonge le panorama des rémunérations en EHPAD.

2. La fonction publique hospitalière : indices et catégories

Le traitement d'un agent public se calcule en multipliant l'indice majoré de son échelon par la valeur du point d'indice, fixée à 4,92278 € depuis juillet 2023 et inchangée en 2026. Chaque corps est classé dans une catégorie :

  • Catégorie C : agents des services hospitaliers qualifiés, ouvriers, adjoints administratifs. Grilles en trois échelles (C1, C2, C3) dont les premiers échelons sont au niveau du SMIC, 1 867,02 € brut en 2026 (source : Service-public.fr, SMIC).
  • Catégorie B : aides-soignants et auxiliaires de puériculture depuis 2022, animateurs, techniciens. L'aide-soignant débute à l'indice majoré 373, soit 1 836,20 € brut, et termine sa carrière en classe supérieure autour de 2 750 € brut (source : grille indiciaire hospitalière, aide-soignant).
  • Catégorie A : infirmiers en soins généraux, cadres de santé, psychologues, ergothérapeutes, attachés d'administration. Grilles allant d'environ 2 000 € brut en début de carrière à 3 500-4 000 € en fin de carrière selon le corps.
  • Praticiens : les médecins coordonnateurs salariés d'un EHPAD public rattaché à un hôpital relèvent du statut de praticien hospitalier, avec une grille propre.

À ces traitements s'ajoutent le complément de traitement indiciaire issu du Ségur (49 points, environ 241 € brut), les indemnités de dimanche, de jour férié et de nuit, la prime de service et, pour certains corps, une nouvelle bonification indiciaire. La progression se fait à l'ancienneté, échelon par échelon, avec des durées fixées par décret ; l'avancement de grade dépend de quotas et de l'appréciation.

3. La convention collective de 1951 : coefficients et valeur du point

Cette convention, négociée par la FEHAP, couvre la majorité des EHPAD associatifs et des fondations. Chaque métier est rattaché à un coefficient de référence, multiplié par une valeur du point négociée nationalement. Le salaire s'obtient en ajoutant à ce salaire de base une prime d'ancienneté, qui progresse par paliers, et des compléments : indemnité Ségur d'environ 238 € brut, prime décentralisée, majorations de dimanche et de nuit, prime d'internat pour certains postes. Le niveau de départ est en général proche de celui du public, la progression un peu plus lente, avec des accords locaux qui peuvent améliorer les congés, la mutuelle ou la prévoyance.

4. La convention collective de 1966 : plus rare en EHPAD

Née dans le secteur du handicap et de la protection de l'enfance, la convention du 15 mars 1966 s'applique à certains EHPAD gérés par des associations historiquement tournées vers le handicap. Sa logique est proche de celle de 1951 (coefficients, valeur du point, ancienneté), avec des classifications spécifiques et une indemnité Ségur transposée par avenant. À savoir : les conventions 51 et 66 font l'objet depuis plusieurs années de travaux de rapprochement en vue d'une convention unique de la branche sanitaire, sociale et médico-sociale à but non lucratif ; un salarié doit vérifier sur son bulletin la convention réellement appliquée.

5. L'hospitalisation privée de 2002 : la grille des groupes commerciaux

La convention collective de l'hospitalisation privée à statut commercial du 18 avril 2002 s'applique aux cliniques et aux EHPAD commerciaux, via ses annexes propres aux établissements pour personnes âgées, négociées avec le SYNERPA. Les salaires minima conventionnels sont fixés par position et coefficient, et revalorisés par avenants. La revalorisation Ségur y prend la forme d'une prime de 206 € brut mensuels pour un temps plein (source : Légifrance, avenant du 6 décembre 2021). La prime d'ancienneté conventionnelle, les majorations de dimanche et de nuit et les primes d'entreprise (assiduité, treizième mois, intéressement) complètent la rémunération, avec des différences notables d'un groupe à l'autre.

6. Les métiers en regard : repères bruts mensuels 2026

MétierPublic (traitement + CTI, hors sujétions)Privé non lucratif (base + Ségur, hors ancienneté)Privé commercial (base + Ségur, hors primes)
ASH / agent de service2 110 € au début, 2 500 € en fin de carrière2 050 à 2 400 €2 070 à 2 300 €
Aide-soignant2 110 € au début, 2 990 € en fin de carrière2 150 à 2 700 €2 100 à 2 600 €
Infirmier2 300 € au début, 3 400 € en fin de carrière2 400 à 3 200 €2 350 à 3 200 €
Infirmier coordonnateur2 800 à 3 800 €2 900 à 3 800 €3 000 à 4 000 €
Médecin coordonnateur (temps plein)grille praticien hospitalier, 5 000 € et plus5 500 à 7 500 €6 000 à 8 500 €

Ces fourchettes sont des repères construits à partir des grilles et des minima conventionnels ; elles ne remplacent ni la grille de l'établissement ni la simulation de paie que tout employeur doit pouvoir fournir. Les compléments liés au planning (dimanches, nuits) s'y ajoutent et sont décrits dans comprendre son bulletin de paie en EHPAD.

7. Ce qu'il faut regarder quand on compare deux grilles

  1. Le point de départ et le point d'arrivée. Une grille peut débuter plus haut et plafonner plus bas. Sur une carrière de trente ans, la progression compte plus que le salaire d'embauche.
  2. La reprise d'ancienneté. Le public reprend une partie de l'ancienneté acquise dans le privé lors de la titularisation ; les conventions privées reprennent l'ancienneté dans la branche selon des règles propres. Un changement de secteur en milieu de carrière se prépare.
  3. La retraite. Le CTI du public compte pour la pension CNRACL ; les primes du privé sont soumises aux cotisations Agirc-Arrco. À brut égal, les droits à retraite ne sont pas identiques.
  4. La protection sociale. Participation employeur à la mutuelle, prévoyance, maintien de salaire en cas d'arrêt : ces éléments, absents de la grille, pèsent sur le revenu réel.

Bon à noter : dans les trois secteurs, la grille est un minimum. Un établissement qui recrute difficilement peut proposer davantage, par des primes ou un positionnement d'échelon favorable, et la négociation à l'embauche, longtemps absente de ce secteur, s'y est installée depuis 2022. Pour les familles, la grille appliquée n'est pas un critère de choix en soi ; la stabilité des équipes qu'elle permet l'est, et elle se lit dans les indicateurs publiés par chaque EHPAD, repris sur mazette.fr.

Sophie Andrade