Salaire d'une ASH en EHPAD : ce que gagne vraiment un agent de service, dans le public comme dans le privé
Accompagnement des familles
Besoin d'aide pour trouver un EHPAD ou un établissement pour personnes âgées ?
Laissez-vous guiderUn métier, plusieurs statuts, des fiches de paie qui ne se ressemblent pas
Dans un EHPAD, l'agent de service hospitalier (ASH) est la personne qui assure l'hygiène des locaux, le service des repas, la plonge, le linge, et qui participe au confort quotidien des résidents. Le sigle est le même partout, mais le contrat, lui, dépend du statut de l'établissement : fonction publique hospitalière dans un EHPAD public rattaché à un hôpital, convention collective de l'hospitalisation privée dans un groupe commercial, convention de 1951 dans une association. Concrètement, deux ASH qui font le même travail dans deux établissements voisins peuvent avoir cent à deux cents euros d'écart sur leur bulletin. Cet article détaille d'où viennent ces écarts, avec les montants en vigueur en 2026.
Il complète le panorama publié sur la rémunération des différents métiers en EHPAD, en se concentrant sur le seul poste d'ASH.
Le socle : un salaire de base au niveau du SMIC
Que l'on soit dans le public ou dans le privé, le traitement de base d'une ASH débutante est calé sur le salaire minimum. Depuis le 1er janvier 2026, le SMIC s'établit à 12,31 € brut de l'heure, soit 1 867,02 € brut par mois pour 35 heures et environ 1 477,93 € net (source : Service-public.fr, montant du SMIC).
Dans la fonction publique hospitalière, l'ASH relève du corps des agents des services hospitaliers qualifiés, en catégorie C. Le traitement se calcule en multipliant l'indice majoré de l'échelon par la valeur du point d'indice, restée à 4,92278 € depuis juillet 2023. Les premiers échelons de la grille tombant sous le SMIC, une indemnité différentielle complète automatiquement le traitement jusqu'au minimum légal. En clair : en début de carrière, le bulletin d'une ASH du public affiche le SMIC, pas moins, et la progression par échelons ne devient visible sur la paie qu'au bout de quelques années.
Dans le privé commercial, la convention collective de l'hospitalisation privée du 18 avril 2002 fixe des minima conventionnels par coefficient. Là aussi, le coefficient d'entrée des agents de service se situe au niveau du SMIC ou très légèrement au-dessus, et c'est la politique salariale de chaque groupe qui fait la différence.
Le Ségur : la ligne qui change tout
La principale revalorisation des dix dernières années vient des accords du Ségur de la santé. Elle ne se présente pas de la même manière selon le secteur :
- Public : le complément de traitement indiciaire (CTI) vaut 49 points d'indice majoré, soit environ 241 € brut et 183 € net par mois pour un temps plein. Il est pris en compte pour la retraite.
- Privé non lucratif (convention de 1951, associations et fondations) : une indemnité équivalente d'environ 238 € brut, transposée par accord de branche, qui aboutit au même ordre de grandeur net.
- Privé commercial : l'avenant du 6 décembre 2021 à l'accord SYNERPA transpose le Ségur sous la forme d'une revalorisation de 206 € brut par mois pour un temps plein, soit autour de 160 € net (source : Légifrance, avenant du 6 décembre 2021 à l'accord du 16 novembre 2020).
C'est ce point qui explique une grande partie de l'écart entre un EHPAD public et un EHPAD commercial pour un poste identique. À retenir : quand on compare deux offres, il faut demander explicitement si le Ségur est inclus dans le salaire annoncé, et sous quelle forme.
Dimanches, jours fériés, nuits : les compléments qui font le net
Le salaire de base ne dit pas tout. En EHPAD, les plannings couvrent sept jours sur sept, et une partie de la rémunération vient des sujétions.
Dans le public
- Une indemnité forfaitaire pour chaque dimanche ou jour férié travaillé, de l'ordre d'une cinquantaine d'euros pour une journée de huit heures.
- Une indemnité horaire pour le travail de nuit, à laquelle s'ajoute une majoration pour les nuits intensives.
- La prime de service, versée en fonction de la manière de servir, et le supplément familial de traitement pour les agents ayant des enfants à charge.
Dans le privé
- Les majorations de dimanche et de jour férié prévues par la convention collective, généralement exprimées en pourcentage du taux horaire, avec des variations d'un groupe à l'autre.
- Des primes d'assiduité, d'ancienneté ou de « présence » propres à chaque employeur.
- Parfois une participation ou un intéressement dans les grands groupes.
Sur un mois avec deux dimanches travaillés et quelques nuits, ces compléments représentent couramment 100 à 250 € net. À l'inverse, un poste de jour en semaine uniquement, plus rare, se rapproche du salaire de base.
Ce que cela donne concrètement : les ordres de grandeur 2026
| Situation | Brut mensuel (temps plein) | Net mensuel indicatif |
|---|---|---|
| ASH débutante, EHPAD public, hors dimanches et nuits | SMIC 1 867 € + CTI 241 € | environ 1 660 € |
| ASH débutante, EHPAD public, avec 2 dimanches et quelques nuits | 2 200 à 2 300 € | 1 800 à 1 900 € |
| ASH débutante, EHPAD privé commercial, hors sujétions | SMIC 1 867 € + Ségur 206 € | environ 1 620 € |
| ASH expérimentée (15 à 20 ans), public, classe supérieure | 2 350 à 2 600 € | 1 900 à 2 100 € |
Ces montants sont des repères, pas des promesses : la conversion brut vers net varie avec la mutuelle, la CSG déductible ou non, et les cotisations propres à chaque statut. Ils permettent en revanche de répondre à la question la plus posée : en 2026, une ASH en EHPAD à temps plein gagne en général entre 1 600 et 1 900 € net par mois, avec un plancher qui ne descend jamais sous le SMIC augmenté du Ségur.
Le salaire par heure et par mois, calculé simplement
Beaucoup d'ASH travaillent à temps partiel, en particulier dans le privé, et raisonnent en taux horaire. Le calcul est direct :
- Taux horaire brut de base : 12,31 € (SMIC 2026).
- Avec le Ségur ramené à l'heure (241 € / 151,67 h dans le public) : environ 13,90 € brut, soit autour de 11 € net de l'heure hors sujétions.
- Un contrat de 28 heures hebdomadaires (80 %) dans un EHPAD public donne ainsi environ 1 330 € net par mois hors dimanches et nuits.
Attention à un point souvent oublié : le Ségur est proratisé au temps de travail. Une ASH à mi-temps touche la moitié des 183 € net, pas la totalité.
Public ou privé : où gagne-t-on le mieux ?
Sur le papier, le public offre le socle le plus élevé (SMIC plus 183 € net garantis, grille d'échelons, primes de sujétion codifiées, CTI intégré à la retraite). Le privé commercial part un cran en dessous sur le Ségur, mais certains groupes compensent par des primes d'assiduité, des majorations de dimanche plus généreuses ou un treizième mois. Le privé non lucratif se situe entre les deux, avec des grilles conventionnelles qui valorisent l'ancienneté.
Trois questions à poser avant de signer, quel que soit le secteur :
- Le montant annoncé inclut-il le Ségur, et à quel niveau ?
- Combien de dimanches et de nuits comporte le planning type, et comment sont-ils payés ?
- Existe-t-il une prime annuelle (treizième mois, prime de service, intéressement) et à quelles conditions ?
Faire évoluer sa rémunération : la voie de l'aide-soignant
Le levier le plus efficace pour une ASH qui veut progresser reste la formation d'aide-soignant, accessible en formation continue, par la validation des acquis de l'expérience ou par apprentissage. Le passage en catégorie B dans le public, ou au coefficient aide-soignant dans le privé, représente un gain durable. Les établissements qui manquent d'aides-soignants financent souvent ce parcours à leurs agents ; c'est une question à poser dès l'entretien. Le blog détaille les étapes dans devenir aide-soignant en gérontologie et les suites possibles dans l'évolution de carrière après aide-soignant.
Pour les familles qui lisent ces lignes en cherchant un établissement, ce sujet n'est pas anecdotique : la stabilité des équipes d'ASH pèse directement sur la qualité de l'accompagnement au quotidien. Demander le taux de rotation du personnel lors d'une visite, et comparer les établissements sur mazette.fr, fait partie des bons réflexes.