Réduction d'impôt pour frais d'EHPAD : 25 % des dépenses, plafond de 10 000 €, et la bonne manière de la déclarer
Accompagnement des familles
Besoin d'aide pour trouver un EHPAD ou un établissement pour personnes âgées ?
Laissez-vous guider1. Une réduction souvent oubliée, parfois mal calculée
Chaque printemps, une part des résidents d'EHPAD, ou de leurs enfants qui remplissent la déclaration à leur place, oublient de porter les frais de l'établissement dans les cases prévues, ou les y portent en totalité alors qu'une partie ne compte pas. La règle est pourtant simple : 25 % des dépenses d'hébergement et de dépendance restées à charge, dans la limite de 10 000 € par an et par personne hébergée, viennent en déduction de l'impôt à payer (source : Service-public.fr, frais d'accueil liés à la dépendance, réduction d'impôt). Soit jusqu'à 2 500 € par an. Cette fiche en précise les conditions, la base de calcul et les pièges.
2. Qui peut la demander
- La personne hébergée elle-même, dès lors qu'elle est domiciliée fiscalement en France : c'est elle, ou le foyer fiscal dont elle fait partie, qui déclare les dépenses. Aucune condition d'âge ni de GIR n'est exigée.
- Dans un EHPAD ou un établissement de soins de longue durée (ancienne USLD), situé en France ou dans un autre État de l'Espace économique européen (même source). Les résidences autonomie et les résidences services ne sont pas concernées, sauf pour la part de dépenses de dépendance qu'une section médicalisée facturerait.
- Pour un couple dont un seul membre est en établissement, la réduction s'applique sur la déclaration commune, pour les dépenses de ce membre ; si les deux sont hébergés, le plafond de 10 000 € vaut pour chacun, soit 5 000 € de réduction maximale.
À savoir : il s'agit d'une réduction d'impôt, pas d'un crédit. Elle ne profite qu'aux résidents imposables, à hauteur de leur impôt. Un résident dont l'impôt est de 800 € ne récupère que 800 €, même si ses dépenses lui ouvraient droit à 2 500 €. C'est la différence essentielle avec le crédit d'impôt de 50 % pour l'emploi à domicile, remboursé même aux non-imposables.
3. Quelles dépenses entrent dans le calcul
La base est constituée des dépenses effectivement payées dans l'année au titre de l'hébergement et de la dépendance, après déduction des aides perçues pour ces mêmes dépenses (même source) :
| Entre dans la base | N'entre pas dans la base |
|---|---|
| Tarif hébergement payé | Tarif soins (jamais facturé au résident) |
| Tarif dépendance payé (talon et participation) | Suppléments facturés à part (coiffeur, téléphone, repas invités), sauf s'ils sont intégrés au tarif hébergement |
| Après déduction de l'APA en établissement | Les sommes payées par un tiers, notamment par les enfants au titre de l'obligation alimentaire |
| Après déduction de l'aide au logement (APL ou ALS) | Les frais de l'année de sortie payés après le décès par la succession, dans certains cas |
| Après déduction de l'aide sociale à l'hébergement |
Concrètement, si l'APA est versée à l'établissement en dotation globale, la facture n'affiche déjà que le talon, et c'est ce montant qui compte. Si l'aide au logement est versée au résident, il faut la soustraire lui-même des sommes payées. L'établissement remet en début d'année une attestation annuelle des frais, qui distingue en général hébergement, dépendance et aides ; c'est le document à conserver.
4. Un exemple
Madame L. a payé en 2025, pour son EHPAD habilité : 25 970 € d'hébergement (2 164 € × 12) et 2 200 € de dépendance (talon), et a perçu 1 800 € d'aide au logement. Base de calcul : 25 970 + 2 200 - 1 800 = 26 370 €, plafonnée à 10 000 €. Réduction : 25 % de 10 000 €, soit 2 500 €. Son impôt avant réduction étant de 1 900 €, elle en paie 0 et perd les 600 € restants. Le plafond de 10 000 € étant atteint dès 833 € de dépenses mensuelles, presque tous les résidents l'atteignent ; la question utile n'est donc pas le montant des dépenses mais celui de l'impôt.
5. Comment déclarer
- Sur la déclaration en ligne, dans la rubrique « Réductions et crédits d'impôt », sélectionner « Dépenses d'accueil dans un établissement pour personnes dépendantes » (source : impots.gouv.fr, déclarer ses frais d'hébergement en EHPAD).
- Reporter le montant des dépenses nettes d'aides, par personne hébergée, dans les cases correspondantes du formulaire 2042 RICI : une case pour la première personne, une autre pour la seconde en cas de couple hébergé.
- Ne joindre aucun justificatif, mais conserver l'attestation annuelle de l'établissement et les factures pendant trois ans.
- Vérifier que le montant de la réduction apparaît dans l'avis d'imposition ; à défaut, une réclamation en ligne est possible jusqu'au 31 décembre de la deuxième année suivant celle de l'imposition.
Bon à noter : l'année de l'entrée en EHPAD, le résident peut cumuler la réduction pour les mois passés en établissement et le crédit d'impôt de 50 % pour les dépenses d'aide à domicile des mois précédents, chacun dans son plafond.
6. Le cas des enfants qui paient
Un enfant qui règle tout ou partie de l'EHPAD de son parent ne peut pas demander cette réduction, réservée à la personne hébergée. Il dispose d'un autre mécanisme : la déduction de la pension alimentaire versée à un ascendant dans le besoin, sans plafond, sur justificatifs du besoin du parent et des versements, y compris lorsque le paiement est fait directement à l'établissement. La contrepartie est que ces sommes sont imposables chez le parent. Pour un enfant imposé à 30 %, 3 600 € versés dans l'année réduisent son impôt d'environ 1 080 €, ce qui est souvent plus avantageux que la réduction de 25 % qu'aurait obtenue le parent sur les mêmes sommes. La répartition entre ce que paie le parent et ce que paient les enfants a donc une incidence fiscale, et se calcule avant de fixer les virements ; les règles de l'obligation alimentaire sont détaillées dans obligation alimentaire : quand les enfants doivent-ils payer l'EHPAD d'un parent.
7. Ce que la réduction change dans le budget
Pour un résident imposable, la réduction représente jusqu'à 208 € par mois de reste à charge en moins, ce qui la place au même niveau que l'aide au logement d'une petite retraite. Elle doit donc figurer dans toute estimation de budget avant l'entrée, aux côtés de l'APA, de l'aide au logement et de l'aide sociale, comme dans les exemples de reste à charge en EHPAD : trois budgets chiffrés. Et pour comparer deux établissements à l'aune de ce qui restera réellement à payer, les tarifs publiés sur mazette.fr, combinés à cette règle des 25 %, donnent une réponse en quelques minutes : au-delà de 833 € de dépenses mensuelles, la réduction est la même partout, et c'est le prix affiché qui fait la différence.