Maintien à domicile

SAAD, SSIAD, SPASAD, ESA, HAD : qui fait quoi dans l'aide et les soins à domicile d'une personne âgée

Professionnels de l’aide et des soins à domicile entourant une personne âgée dans son salon pendant une visite de prise en charge.

Accompagnement des familles

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Cinq sigles, cinq métiers différents

Quand nous préparons le retour à domicile d'un résident après un séjour temporaire, ou quand une famille nous consulte avant une entrée en établissement, la même confusion revient : « on a déjà une aide à domicile, pourquoi faudrait-il un SSIAD ? ». Parce que ce ne sont pas les mêmes personnes, ni les mêmes missions, ni les mêmes financeurs. L'aide à domicile relève de l'accompagnement de la vie quotidienne ; les soins relèvent de la santé. Les deux sont nécessaires quand la dépendance s'installe, et ils se combinent. Voici, service par service, ce que fait chacun, qui le prescrit et qui le paie (source d'ensemble : pour-les-personnes-agees.gouv.fr, les services d'aide à domicile).

Le SAAD : l'aide à la vie quotidienne

Le service d'aide et d'accompagnement à domicile envoie des aides à domicile et des auxiliaires de vie pour tout ce qui n'est pas un soin : ménage, courses, préparation et aide à la prise des repas, aide à l'habillage, aide à la toilette simple lorsqu'elle ne nécessite pas de compétence soignante, accompagnement aux rendez-vous, présence et lien social. Il est autorisé par le département.

  • Qui décide : la personne ou sa famille, sans prescription ; le plan d'aide APA fixe le nombre d'heures financées.
  • Qui paie : la personne, avec l'APA à domicile (plafond de 811,52 € par mois en GIR 4 à 2 080,33 € en GIR 1 en 2026), les caisses de retraite pour les GIR 5-6, et le crédit d'impôt de 50 % sur le reste. Le tarif plancher de valorisation des heures financées par l'APA est de 25 € de l'heure depuis le 1er janvier 2026 (source : Légifrance, arrêté du 23 décembre 2025) ; les services facturent entre 25 et 32 € selon les territoires et les horaires.
  • Trois modes : le mode prestataire (le service est l'employeur, il assure les remplacements), le mode mandataire (la personne est l'employeur, le service gère l'administratif), l'emploi direct via le Cesu (moins cher, mais la personne assume tout, y compris le licenciement).

Le détail des aides est dans les aides financières pour le maintien à domicile.

Le SSIAD : les soins infirmiers et d'hygiène

Le service de soins infirmiers à domicile intervient sur prescription médicale auprès des personnes de plus de 60 ans malades ou dépendantes. Ses aides-soignants assurent les soins d'hygiène et de confort (toilette médicalisée, prévention des escarres, aide au lever et au coucher), et ses infirmiers, ou des infirmiers libéraux conventionnés avec lui, les soins techniques. Il est autorisé par l'agence régionale de santé et son nombre de places est fixé.

  • Qui décide : le médecin traitant, par une prescription ; le SSIAD évalue ensuite la demande et admet en fonction de ses places.
  • Qui paie : l'assurance maladie, à 100 %, sous forme d'un forfait versé au service. Le patient ne paie rien.
  • La limite : les places sont contingentées et les listes d'attente fréquentes, en particulier en zone urbaine. Une demande anticipée, dès que la toilette devient difficile, évite la rupture.

Nous voyons souvent des familles payer des heures d'aide à domicile pour une toilette qui relèverait du SSIAD, donc gratuite. La bonne question à poser au médecin est : « cette toilette est-elle un soin ? ». Si la personne a une pathologie qui rend la toilette risquée ou technique, la réponse est oui.

Le SPASAD : les deux réunis

Le service polyvalent d'aide et de soins à domicile regroupe un SAAD et un SSIAD sous une même direction, avec une évaluation unique et une coordination interne des interventions. Pour la famille, cela signifie un seul interlocuteur, un seul planning, et des aides à domicile et des aides-soignants qui se parlent. Depuis la réforme engagée par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2022, l'ensemble des services d'aide et de soins à domicile a vocation à se transformer en « services autonomie à domicile », le nouveau nom qui regroupe ces missions ; la transition s'achève progressivement, et les sigles SAAD, SSIAD et SPASAD restent en usage sur le terrain.

L'ESA : la réhabilitation pour les troubles cognitifs débutants

L'équipe spécialisée Alzheimer est un service rattaché à un SSIAD, composé d'ergothérapeutes, de psychomotriciens et d'assistants de soins en gérontologie. Elle intervient sur prescription auprès des personnes atteintes d'une maladie d'Alzheimer ou apparentée à un stade léger ou modéré, pour une série de 12 à 15 séances à domicile, sur environ trois mois, financées par l'assurance maladie. L'objectif est concret : maintenir les gestes du quotidien, aménager le logement, soutenir l'aidant, repérer ce qui peut être conservé. C'est l'une des interventions les plus utiles après un diagnostic, et l'une des moins demandées, faute d'être connue ; le contexte est décrit dans les premiers signes de la maladie d'Alzheimer.

L'HAD et les autres intervenants

  • L'hospitalisation à domicile : des soins hospitaliers (perfusions, pansements complexes, soins palliatifs) délivrés chez la personne, sur prescription, pris en charge par l'assurance maladie. Elle peut intervenir en EHPAD aussi.
  • L'infirmier libéral : injections, pansements, piluliers, prise de sang, sur prescription, remboursés par l'assurance maladie ; il peut être conventionné avec le SSIAD ou intervenir seul.
  • Le centre de soins infirmiers : structure associative ou municipale d'infirmiers salariés, aux mêmes conditions.
  • Le kinésithérapeute, l'orthophoniste, le pédicure-podologue : en libéral, à domicile sur prescription.
  • Le portage de repas, la téléassistance : services non médicaux, financés par l'APA, les caisses de retraite et le crédit d'impôt.

Comment ils se combinent : un exemple

MomentIntervenantFinanceur
7 h 30Aide-soignante du SSIAD : lever, toilette, habillageAssurance maladie
9 hInfirmier libéral : pilulier, glycémieAssurance maladie
11 h 30Aide à domicile du SAAD : préparation du déjeuner, ménageAPA, crédit d'impôt, reste à charge
Après-midi, deux fois par semaineKinésithérapeute : marche, équilibreAssurance maladie
18 hAide à domicile du SAAD : dîner, préparation du coucherAPA, crédit d'impôt, reste à charge
NuitTéléassistanceAPA, crédit d'impôt

Une journée comme celle-ci correspond à une personne en GIR 2 ou 3. Elle tient si les intervenants se coordonnent, ce que garantit un SPASAD, ou un cahier de liaison bien tenu. Elle atteint sa limite lorsque les besoins de nuit deviennent réguliers : aucun de ces services n'assure une présence nocturne continue, et c'est le moment où la comparaison avec un établissement, ou avec un dispositif d'EHPAD à domicile décrit dans « EHPAD à domicile » : ce que recouvre le dispositif, redevient nécessaire. L'ordre dans lequel mettre ces services en place est donné dans organiser le maintien à domicile d'un parent dépendant.

Hélène Vasseur